De quoi nous parlent les Moulins ?

Josiane Legrand fdls

Moulin de St Aubert, il a retrouvé son toit.

Moulin de St Aubert,
il a retrouvé son toit.

Aussi loin que je me souvienne, les moulins habillent mon horizon de leur majesté. En sortant de la maison, le moulin de Saint Aubert, domine la plaine de mon enfance. Enfants, nous rêvions tous de monter sur la plateforme de son toit. C’était notre rêve de pouvoir comme lui, voir la terre de haut et de loin … Il a d’ailleurs été une place forte durant la dernière guerre, pour les envahisseurs et finalement, pour les habitants, qui ont repris leur terre…

Les moulins sont nombreux en notre pays de France, mais aussi dans le monde. La roue, pièce maîtresse du moulin, a ouvert les portes de l’industrie. Aucun déplacement n’est concevable sans elle, elle est à la naissance du développement.  Le moulin se rattache à la roue en mouvement perpétuelle et il en porte avec elle, la symbolique de l’éternel recommencement, de la ténacité dans l’effort mais aussi d’une constante évolution vers l’avenir.

La roue du moulin tourne pour moudre le blé qui nous donnera le pain, nourriture à la fois sacrée et spirituelle. À travers les âges, la force qui meut ses engrenages, est passée de la force physique des hommes et des animaux, à celle de l’eau et du vent, et aujourd’hui, des énergies fossiles.

La ville de Corbeil-Essonnes doit une part de sa croissance économique, à l’un de ces moulins. C’est en l’an 1120, qu’il fut construit. Il porte bien son nom : « Grands Moulins de Corbeil », il est en effet le plus grand moulin de France et le second d’Europe.  Implanté en bordure de la  Seine, il a fière allure. Il accueille chaque jour par voie d’eau et de route, 25 variétés de blé. Cinq variétés sont nécessaires pour réaliser une bonne  farine.

 

Cette farine gonfle les flancs des péniches qui remontent la Seine. Paisiblement au fil de l’eau, la manne nourricière rejoint les villes, où boulangers et pâtissiers sont impatients de la recevoir. L’odeur alléchante qui s’échappera bientôt de leur fournil, met nos papilles en révolution ! La faim n’est-elle pas souvent source de soulèvement dans l’histoire ?

Si, à la croisée des chemins, vous rencontrez l’un de ces moulins assoupis, asseyez-vous à son ombre et laissez- le vous raconter la splendeur cachée dans son histoire. Il vous dira, combien il est heureux d’avoir nourri des générations d’humains … Heureux aussi d’avoir participé à la douceur et à la force  blotties dans les flancs d’un pain chaud et savoureux.

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